Le labyrinthe du lait

« Le lait, indispensable pour notre santé, est la source principale de calcium ; il nous permet d’éviter la déminéralisation, l’ostéoporose et l’arthrose ! Bref, pour avoir des os solides, buvons du lait encore et encore, sous toutes ses formes et à chaque repas. » Tel est le message de la publicité, des médias et des médecins ! Mais que faut-il vraiment en penser ? Comment, devant une telle pression de tous les instants, influencés par cette opinion partout répandue, pouvons-nous douter, ne fut-ce qu’un seul instant, de cette vérité absolue ?

Généralement, on conseille le lait de vache pour son apport en calcium : 99 mg pour 100 g dans le lait entier. Mais il ne contient que peu de protéines (3,7 mg pour 100 g), peu de fer, peu de magnésium et pas de bonnes graisses ! Le lait maternel possède trois fois moins de calcium (32 mg pour 100 g). Or le bébé n’a que cela comme source de calcium pour former son ossature ! Une première observation s’impose ici : la nature indique qu’il faut peu de calcium mais ce doit être un calcium de très bonne qualité, c'est-à-dire parfaitement adapté à l’humain. Et qu’y a-t-il de mieux que le lait de la maman pour le bébé ? En fait, chaque espèce produit un lait parfaitement adapté à ses besoins. Le lait du petit de l’homme est conçu pour que le bébé double son poids de naissance en quatre à cinq mois et pèse une douzaine de kilos à deux ans. Mais, à cet âge, c’est lui qui acquiert, en proportion, le plus gros cerveau, près de 1.200 g, soit une croissance cérébrale de deux grammes par jour pendant deux ans, ce qui est énorme ! Le lait de vache est prévu pour que le veau double son poids en quarante-sept jours ! Le lait du rat, lui, est hyper-concentré et permet de doubler le poids du raton en six jours ! Quant au lait de louve, contrairement à la légende, il est toxique pour l’être humain. On le voit, le lait maternel est impossible à synthétiser et à reconstituer parfaitement car il est en évolution constante à chaque tétée et apporte les éléments nécessaires au moment voulu, notamment des facteurs immunitaires et anti-allergiques. Il faudrait un livre entier pour expliquer en détail les différences entre ces deux laits.

Supprimer le lait de vache dans notre alimentation ? Une autre règle, respectée par tous les règnes, à l’exception de l’être humain, est la suivante : dès que le petit peut se nourrir, il ne boit plus de lait! Ni, bien sûr, de produits laitiers. Avons-nous déjà vu un chevreuil adulte téter un autre chevreuil ? Pourtant, il est fort probable que le chevreuil, ait des os plus solides que nous et cela, sans boire une goutte de lait. Quel est donc ce mystère ? Pourquoi les animaux sauvages ont-ils une bonne ossature sans produits laitiers. La réponse est simple : la nature a prévu bien d’autres sources de calcium que le lait. (...)

Les apports nutritionnels en calcium varient de 900 mg par jour, pour les adultes, à 1200 mg, pour les plus de soixante ans et en cas de grossesse et d’allaitement. Mais ne vaudrait-il pas mieux penser différemment : comment fixer et garder le calcium ? Est-il bon de prendre une grosse dose dont on perd une bonne partie, tout en déséquilibrant l’organisme ? L’absorption du calcium dépend de la vitamine D. On pense directement au soleil et au bain d’air dès que possible, ce qui devrait être suffisant. En hiver, on pourrait faire une cure d’huile de flétan. Pensons aussi à la marche et à l’exercice physique, indispensables ainsi qu’à un apport de protéines animales correct! Envisageons du calcium organique. Saviez-vous que la feuille de navet contient 260 mg de calcium pour 100 g de feuille, par exemple ? Ma préférence va au calcium extrait des algues (aquacalcium, ostéoforce) ou au calcium de l’huître (P.O.P ou osfort). On peut aussi simplement consommer des algues (iziki, arame, laitue de mer, etc), des graines de sésame, des légumineuses (lentilles, pois chiche, etc) ou des céréales complètes. (...)

Que faut-il penser des laits végétaux ? Les laits végétaux remplacent souvent les laits animaux en cas d’intolérance aux protéines lactées et au lactose, par exemple. Ils se divisent en deux groupes : Les boissons végétales à base de soya ou de céréales. Sans lactose, cholestérol et parfois sans gluten (soya, riz, quinoa par exemple). Les boissons végétales à base d’oléagineux : amandes, noix, noisettes, châtaignes, sésame. Sans cholestérol, lactose ni gluten.

Le lait d’amande biologique: bien équilibré en calcium, c’est un bon aliment alcalinisant. Il s’agit du premier lait végétal à faire découvrir au bébé en cas de besoin. C’est un aliment facile à digérer et qui équilibre la glycémie en cas de coup de pompe. Il convient bien en cas de troubles digestifs, cutanés et intestinaux. Le lait de châtaignes: il a une très bonne teneur en calcium et contient des sucres particuliers qui enrichissent la flore intestinale, avec des tanins précieux pour la circulation des petits vaisseaux. Il est très digeste. Sainte Hildegarde de Bingen considérait la châtaigne comme un aliment très précieux pour la santé. Le lait de noisettes: il convient aux enfants allergiques, nerveux et irritables. Il doit être consommé en alternance avec le lait d’amande riche en calcium, phosphore et potassium (200 mg pour 100 g). Il est donc utile aussi après des diarrhées, par exemple, ou en cas d’utilisation de diurétiques chimiques. Le lait de noix: il contient calcium, phosphore, cuivre, zinc, magnésium, vitamine A, B1, B2. La noix, quant à elle, contient 15% de protéines et 62% de lipides dont 12% d’acides gras alphalinoléniques (oméga 3) si précieux pour la santé. Dans le lait toutefois, la noix est partiellement déshuilée ; de plus, le chauffage, annule les propriétés des oméga 3. C’est donc un lait considéré comme reminéralisant. Le lait de sésame: cette petite graine est riche en lécithine, en acide gras, acides aminés essentiels et minéraux. Tout particulièrement en calcium. Il y a des effets bénéfiques sur la mémoire et la clarté de l’esprit. Le lait de quinoa: la quinoa est cultivée depuis plus de six mille ans dans les montagnes des Andes, à plus de trois mille mètres d’altitude. Elle appartient à la famille des chénopodiacées (comme les épinards), est riche en protéines, (13%) pauvre en lipides (6%) et riche en glucides (70%) avec 2,2% de minéraux dont le fer. Son lait peut servir de déjeuner pour les gens pressés ou comme complément du repas sans céréales. A découvrir absolument! Le lait de riz est riche en sucre lent ; il est donc utile pour le sport. Très pauvre en graisse - moins de 1% - , il est très digeste et rafraîchissant. Le lait de riz peut être utile pour les intestins sensibles. Le lait d’avoine: c’est le lait des temps froids ; il est utile pour éliminer le cholestérol en excès grâce à sa haute teneur en fibres (9,67% de fibres). L’avoine est une source naturelle de béta-glutane (fibre soluble aux effets pré-biotiques) très utile pour l’intestin et le cholestérol. De plus, l’avoine est moins allergisante que le blé.

Le lait de soya : le soya est une légumineuse particulièrement indigeste qui contient des facteurs anti-vitaminiques également néfastes pour la thyroïde. Il doit donc être préparé avec soin. Trempage et cuisson à haute température, et suivant des règles strictes, sont indispensables. Or la guerre des prix actuelle sur le soya ne laisse rien présager de bon. Aucun grossiste ou fabricant n’a pu me donner la teneur précise en isoflavones. Les isoflavones ont différentes structures chimiques qui seraient des précurseurs de substances oestrogéniques. Est-ce intéressant de donner aux bébés et aux enfants des substances hormonales ? L’est-ce davantage pour les adultes ? Les Asiatiques, grands demandeurs d’aphrodisiaques ont-il une libido moindre à cause de cela ? Aucune indication en teneur d’isoflavones n’est donnée dans ce sens en ce qui concerne les boissons à base de soya. Il existe actuellement une propagande terrible sur les isoflavones de soya. Ils sont parés de toutes les vertus! Personnellement, je n’ai jamais remarqué d’effets bénéfiques à l’usage de ces laits. D’ailleurs, dans les pays asiatiques, on utilise du tofu ou des dérivés de soya en petite quantité et avec des protéines animales. Boire du lait de soya n’a aucun sens. Au Japon et en Chine, le régime est très équilibré en minéraux (algues, légumes, etc), avec de l’exercice physique à la clé. Attribuer tous les effets bénéfiques aux isoflavones de soya, c’est, à mon avis, très réducteur. Mais, soyons prudents et informons-nous davantage.

En résumé, les laits végétaux (avec la réserve sur le soya) peuvent être utilisés en remplacement, dans les cas d’intolérance au lait vache ou en cas d’allergies. Ils peuvent être très utiles pour les personnes qui ont de mauvaises dents, ou pour varier les aliments facilement. Mais ce sont de véritables aliments, à boire uniquement aux repas! (Extrait d'un article paru sur www.natpro.be)

Texte écrit par : Daniel Gramme
Naturopathe-Herboriste ( Seraing Belgique)

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