Le Néandertalien était intolérant au lactose

Une équipe internationale de scientifiques, dirigée par le Prof. Svante Pääbo de l'Institut d'anthropologie Max Planck (Allemagne) a annoncé à la mi-février avoir complété le premier jet du décodage du génome (63%) d'un homme - ou plutôt d'une femme - du Néandertal. La nouvelle n'était pas une surprise: les experts et les journalistes scientifiques attendaient cette annonce depuis plusieurs mois, et les premiers éléments en avaient été publiés dès août 2008 dans la revue Cell. D'après les estimations présentées par Svante Pääbo, humains et Néandertaliens auraient divergé sur la route de l'évolution il y a 830 000 ans. Lorsque l'Homo sapiens met pied en Europe, il y a environ 50 000 ans, la zone d'occupation du Néandertalien se rétrécit progressivement, jusqu'à ses derniers bastions connus, dans le Sud de l'Espagne (à Gibraltar), il y a 28 000 ans, alors que l'ère glaciaire approchait de son maximum. Parmi les quelques milliers de différences (sur 3 milliards de paires de gènes de base) identifiées par l'équipe de Svante Pääbo, une a retenu l'attention : le Néandertalien possédait le gène d'intolérance au lactose. Ce n'est pas vraiment étonnant puisqu'on présume que ce gène n'a commencé à subir une mutation chez nous qu'avec l'apparition de l'agriculture et l'élevage de bétail. C'est cette mutation génétique qui permet la production de lactase à l'âge adulte et donc la consommation de lait pendant toute la vie. Source: ScienceNews March 14th 2009; sciencenews.org/