France : Le soja peut-il nuire ŕ la santé ?

Faut-il avoir peur du lait de soja, du tofu ou de la soupe au miso ? L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a publié un rapport inquiétant sur l'impact pour la santé des molécules végétales du soja, appelées phyto-oestrogènes. L'agroalimentaire nous avait vendu le soja comme le produit de remplacement du steak pour les végétariens, la panacée contre le mauvais cholestérol et le substitut idéal pour les nourrissons allergiques au lait. En épluchant les 370 pages du rapport, on découvre que les vertus des phyto-oestrogènes ne reposent sur aucune base scientifique solide et que ces composés qui miment les hormones sexuelles ne sont pas sans danger. Les études réalisées sur l'animal laissent craindre qu'une consommation à hautes doses chez le nourrisson ou pendant la grossesse peut altérer le développement des organes reproducteurs et augmenter le risque de cancers hormonodépendants. L'Afssa recommande de ne pas donner d'aliments à base de soja aux enfants de moins de 3 ans et fixe une limite à ne pas dépasser pour les femmes « ayant des antécédents de cancers du sein ». Soit l'équivalent, pour une femme de 60 kilos, d'un grand verre de lait et d'un yaourt au soja par jour. Sauf que, d'un verre de lait à un autre, la quantité de phyto-oestrogènes varie d'un facteur 100, et qu'un dessert peut en contenir de 8 à 76 milligrammes. Résultat : dans un cas, il faut en avaler plus de sept pour atteindre la limite et dans l'autre un seul suffit. C'est pourquoi l'Afssa demande aux industriels d'indiquer sur l'étiquette les teneurs en phyto-oestrogènes.
Source : le point 10/03/05 (Christophe Labbé et Olivia Recasens)